Tous les articles par Fabien Bagnon

Révision du PLU-H : Cyclistes, faites vous entendre !

Actuellement le Plan Local d’Urbanisme et de l’Habitat (PLU-H) de la Métropole de Lyon est en cours de révision. C’est l’outil juridique qui réglemente le droit des sols sur le territoire métropolitain à partir des grands objectifs définis en matière de développement économique d’habitat, et d’environnement.

Le PLU-H comporte des orientations d’aménagement relatives à des quartiers ou secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager.

Ces orientations peuvent prévoir les actions et opérations d’aménagement à mettre en œuvre notamment sous la forme de schémas d’aménagement, et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics.

Ces orientations sont opposables aux tiers : elles s’imposent aux opérations de construction ou d’aménagement en termes de compatibilité.

Les orientations d’aménagement viennent préciser, sur certains lieux, les règles définies dans le règlement du PLU : elles se cumulent avec celui-ci.

Il est donc important d’avoir un regard critique sur les règles envisagées dans le PLU-H qui va se mettre en place (réserve foncière, marge de recul pour élargissement de voie, …) pour favoriser ou a minima ne pas bloquer le développement des aménagements cyclables.

Vous avez jusqu’au 7 juin à 12heures pour consulter le projet et faire part de vos remarques.

Consultation du projet de PLU-H : http://pluh.grandlyon.com

Déposer votre contribution : https://www.registre-numerique.fr/pluh-grandlyon/deposer-son-observation

Ce que nous avons demandé à David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon

« Monsieur Kimelfeld, la Métropole doit changer de braquet ! »

Déclaration des associations cyclistes de la Métropole de Lyon du 15 mai 2018

À Lyon, le retour du vélo urbain a été nettement amplifié dès 2005 par le déploiement des Vélo’v. Depuis bien du chemin a été parcouru. Le trafic vélo a littéralement explosé : il a été multiplié par 5 et il continue de progresser rapidement : +15% par an en moyenne entre 2010 et 2015, + 26% en 2016, + 10% en 2017. Sur certains grands axes du centre-ville, le trafic cycliste se compte en milliers (6 200 cyclistes par jour sur le cours Gambetta) et représente désormais 1/4 à 1/3 du trafic total.

Le réseau cyclable atteint une certaine maturité sur Lyon-Villeurbanne: le maillage par les grands axes est bien avancé. Il se densifie rapidement grâce à la généralisation des double sens cyclable. Il s’étend actuellement sur 800 km avec un objectif de 1000 km en 2020. Depuis 2015, le rythme de déploiement des aménagements cyclables est de plus de 70 km par an.

La culture vélo progresse au niveau des élus, des techniciens, des aménageurs, des entreprises, des médias et du grand public. Les associations représentant les usagers du vélo sont prises au sérieux et quasiment tous les projets de réaménagement de voiries prennent en compte le vélo.

Mais si nous nous comparons aux autres métropoles européennes ou même françaises, nous constatons qu’il reste beaucoup à faire pour que la Métropole de Lyon se hisse en tête du peloton des métropoles cyclables de France. En effet, la Ville de Lyon n’apparait qu’à la 5ème place des villes de plus de 200 000 habitants (derrière Strasbourg, Nantes, Bordeaux et Rennes) dans le baromètre des Villes Cyclables dévoilé à l’occasion du Congrès de la FUB en mars dernier à Lyon.

Peut-être parce que la politique cyclable de Lyon n’a, jusqu’à présent, jamais été pleinement assumée par les élus…

Le temps est donc venu pour la Métropole de Lyon de faire son coming-out cycliste en assumant pleinement son choix d’encourager les déplacements à vélo pour devenir une métropole à Haute Qualité de Vie.
Cette ambition renforcée et assumée doit, à notre sens, se concrétiser par le lancement d’un Grand Plan Vélo comme à Paris, Grenoble ou Bordeaux.

Voici ce qui pourrait en constituer les lignes principales :

  1. Rendre les centres-villes des communes de la Métropole cyclables à 100% d’ici 2025.

Par le strict respect de l’Article L228-2 du code de l’environnement issu de la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnel de l’Energie (dite « LAURE ») qui stipule qu’« à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines […], doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants […] », par la généralisation des zones 30, le développement des zones de rencontres, la généralisation des doubles sens cyclables, des sas vélos au feu, des cédez le passage cycliste au feu et du réglage à 25 ou 30 km/h des « ondes vertes » de tous les grands axes de la Métropole.

  1. Développer un Réseau Express Vélo.

La pratique du vélo se développe à mesure que son efficacité et le sentiment de sécurité s’accroissent. Pour cela, il faut aller plus loin que le premier point.

Un Réseau Express Vélo est à développer sur Lyon-Villeurbanne mais aussi avec et entre les communes des première et deuxième couronnes. Il s’agit d’axes larges et sécurisants : en pistes unidirectionnelles de 2 mètres de large ou bidirectionnelles de 3,5 mètres de large (permettant la circulation des véhicules de secours en cas d’urgence absolue). Il contribuera également à la résorption de coupures urbaines qui constituent de puissants freins à l’usage du vélo.

  1. Déployer des campagnes de communication.

Il faut encourager les grands lyonnais à se déplacer à vélo. C’est développer une culture du vélo urbain en remplacement de l’image sportive véhiculée par le tour de France : avec les vélos à assistance électrique, il n’est plus nécessaire d’être un athlète pour parcourir 10 km ou gravir les collines de Fourvière ou de la Croix Rousse, c’est à la portée du plus grand nombre.

  1. Renforcer une offre de stationnements encore trop hétérogène.

Imaginerait-on aujourd’hui des quartiers sans parking voiture ?

On prévoira de déployer des arceaux et des stationnements sécurisés à proximité de tous les arrêts de TC lourds (gare SNCF, métro, tramway) à proximité ou à l’intérieur des écoles, des collèges et de l’ensemble des services publics (bibliothèques, piscines, stades, gymnases,…)

  1. Etendre l’offre de parkings sécurisés.

Il s’agit de développer une offre de parkings sécurisés (box) pour répondre notamment aux besoins de résidents ne disposant pas d’un local vélo sécurisé dans leur immeuble – indispensable pour les propriétaires de vélo à assistance électrique (VAE).

La Métropole doit également rappeler à ses bailleurs sociaux, de déployer le programme Alvéole qui apporte des solutions au problème de stationnement dans les habitats collectifs et accompagne les habitants dans l’apprentissage du vélo.

  1. Développer une véritable offre de services vélos.

Cela peut prendre la forme de vélo stations, de pompes en libre-service, de services de location de vélo longue durée,… Certains grands lyonnais ont besoin d’un accompagnement « humain », c’est d’ailleurs en ce sens qu’oeuvrent certaines de nos associations.

  1. Convaincre le Sytral du potentiel de l’intermodalité entre transports collectifs et vélos et la développer rapidement

En périphérie, le vélo permet un accès efficace aux stations de métro et de tramway dans un rayon allant jusqu’à 5 km (10 km avec un VAE). Dans l’hyper-centre, il permet de décongestionner des transports collectifs saturés et donc de différer, voire d’éviter de coûteuses infrastructures de transport (cf. point 4).

  1. Soutenir les ateliers vélo existants et créer un chèque “réparation vélo”

Il est nécessaire d’aider davantage ces ateliers, qui font partie de l’économie sociale et solidaire.

Soutenir la réparation de vélo, c’est soutenir la création d’emplois non délocalisables et réduire la génération de déchets. La Clavette reprend une des propositions émises par la FUB et l’Heureux Cyclage lors des Assises de la Mobilité de décembre 2017 et propose la création par la Métropole de Lyon d’un chèque « réparation vélo » de 80 euros qui permette, notamment aux publics sociaux, d’apprendre à réparer leur vélo dans l’un des ateliers de réparation participatifs et solidaires de l’agglomération. L’apprentissage de la mécanique vélo et l’entraide y sont en effet une véritable source de lien social.

La Métropole de Lyon a également un rôle à jouer pour aider au développement de locaux adaptés, de proximité, et judicieusement répartis, qui soient mis à disposition des ateliers participatifs et solidaires de l’agglomération.

  1. Généraliser l’apprentissage du vélo.

En généralisant les cycles vélo dans les écoles primaires.
En soutenant les associations et les institutions qui organisent des vélo-écoles.

  1. Démocratiser l’usage du vélo dans les quartiers populaires.

C’est une priorité pour lutter contre la précarité de la mobilité et réduire les fractures géographiques.

Au regard, des niveaux de pollution et de bruit auxquels sont exposés les habitants de la Métropole, de l’impérieuse nécessité de réduire les émissions CO2, des engagements de la Métropole pris dans le PCAET et le plan Oxygène, de la grande efficacité du vélo pour se déplacer en milieu urbain et de son coût extrêmement faible pour la collectivité, il y a urgence à donner la priorité à ce mode de déplacement. Nous ne pouvions pas rêver mieux qu’un président cycliste pour opérer ce changement de braquet !

Les associations signataires :

FFCT, Janus, La Ville à Vélo et ses antennes locales (Caluire à Vélo, Ecully à Vélo, Francheville à Vélo, Tassin à vélo, VALVE, Villeurbanne à Vélo), Pignon sur Rue et les ateliers vélos de la Clavette (Le Chat perché, La P’tite rustine, Change de chaîne, les Bikers et Tricycles).

Requalification de l’A6-A7: plus que 3 jours pour donner votre avis !

La transformation de l’A6-A7 en boulevard urbain entre Dardilly et Pierre-Bénite est bien entendu une excellente nouvelle pour nous tous.

Le dossier avance et la phase de concertation arrive à son terme ce vendredi ! Il est donc urgent que chacun de nous s’exprime sur un projet qui va conditionner nos déplacements à partir de 2020.

Le dossier de concertation complet est ici : https://www.grandlyon.com/fileadmin/user_upload/media/pdf/grands-projets/concertation-reglementaire/20180330_a6a7-h2020_dossier-concertation.pdf

Mais comme vous préférez utiliser votre temps libre au guidon de votre destrier à pédales (on vous connait, hein !), votre association préférée vous a préparé quelques morceaux choisis :

  • (Page 8) Au programme également, le développement de l’offre cyclable depuis Perrache jusqu’aux centres villes de Pierre-Bénite et d’Oullins via la création d’aménagements cyclables parallèles à l’axe. Cet aménagement sera également le support de la ViaRhôna.
  • (Page 15) Création d’un parking relais multimodal au Nord de l’échangeur de La Garde, à destination des usagers des lignes de transport en commun, des covoitureurs et des cyclistes ;
  • (Page 27) L’aménagement d’une piste cyclable parallèle et sécurisée sur l’axe Quai Perrache – Pierre-Bénite ;
  • (Page 29) Ces aménagements s’articulent avec le pôle multimodal d’Yvours. Porté par la Métropole, ce P+R, d’une capacité de 280 places, est à destination des usagers de la ligne ferroviaire, de la nouvelle ligne de bus Express, des covoitureurs et des cyclistes.
  • (Page 37) L’aménagement d’une liaison cyclable double sens sur le quai Perrache, reliant le Centre d’échanges de Perrache via le cours Suchet jusqu’à la rue Casimir Périer. La continuité de cette liaison cyclable de Périer à Pasteur sera réalisée dans le cadre des aménagements de la ZAC Lyon Confluence 2ème phase assurée par la SPL Lyon Confluence.
  • (Page 40) Afin de garantir le confort des cyclistes et permettre leur circulation en toute sécurité, le projet prévoit des aménagements cyclables à proximité de l’A7, reliant Perrache (Cours Suchet/ quai Perrache) à la Mulatière (quai Pierre Sémard), Oullins (Berges de l’Yzeron/ Jean Jaurès) à Pierre Bénite (avenue de l’Europe). 
  • (Page 41) Empruntant une voie dédiée côté trottoir sur le quai Perrache, la voie cyclable se connectera aux pistes existantes attenantes. Sur le pont de la Mulatière, la voie se prolongera ensuite en parallèle de l’axe, avant de rejoindre le quai Pierre Sémard, desservir la station du Métro B «Gare d’Oullins» tout en garantissant un itinéraire rapide, via Jean Jaurès, à destination de Pierre-Bénite. Selon le secteur d’implantation, la typologie de la voie cyclable pourra varier et prendre la forme d’une voie verte, d’une piste, d’une bande cyclable, etc. Ce nouvel itinéraire constituera une part intégrante de la Via Rhôna.

Pour vous exprimer, envoyez un e-mail à concertation.A6A7H2020@grandlyon.com.

Voici quelques axes sur lesquels vous pouvez souhaiter vous exprimer, liste non exhaustive bien sûr :

  • Eviter les bandes cyclables (= partie de la route délimitée par un marquage au sol). On fait du neuf, donc il faut privilégier la création de larges pistes protégées
  • Etudier soigneusement la sécurité des intersections (exemple actuel du carrefour du Pont de la Mulatière, côté Mulatière, hyper-dangereux pour les cyclistes)
  • Alerter sur la gestion des déplacements cyclistes pendant les travaux (exemple actuel du cours Gambetta)
  • Interroger sur le développement concomitant du réseau Velo’v
  • Alerter sur l’absence d’aménagements cyclables au Nord !
  • Interroger sur le raccordement cyclable du pôle multimodal de La Garde
  • Interroger sur le raccordement cyclable et le stationnement vélos prévus pour les arrêts de bus (Techlid Nord)
  • Suggérer des raccordements cyclables avec des quartiers aujourd’hui mal desservis (par exemple le centre d’Oullins)

A vos claviers !