Archives mensuelles : février 2009

La Mulatière – Avec TLM, les cyclistes passent à la télé !

Suite à notre courrier À Gérard Collomb concernant les difficultés des cyclistes dans le secteur de la Mulatière, TLM nous a contacté pour une interview.
A vous de voir le résultat en images… Suite À notre courrier À Gérard Collomb, président du Grand Lyon concernant la situation des cyclistes dans le secteur de la Mulatière, TLM nous a contacté.

Voici le résultat en images :

Vous pouvez adresser vos commentaires sur le forum de la Ville À Vélo dédié À ce sujet.

Voici la page des comptages de cyclistes sur le site du Grand Lyon.

Ce que l’interview ne dit pas mais qui a été abordé :

– Beaucoup d’habitants de l’Ouest Lyonnais se sentent coupés du monde depuis la fermeture concomitante du quai Jean-Jacques Rousseau et les travaux sur le trottoir du pont de la Mulatière. La Ville à vélo souhaite que leurs difficultés soient reconnues et prises en compte !

– Il est indispensable de prendre en compte les cyclistes lors des travaux de voirie, il faut du jalonnement lors des travaux. Dans le cas du quai Jean-Jacques Rousseau, il était tout à fait possible de préserver une bande pour le passage des cyclistes et des piétons. Comme le soulignait une adhérente de la Ville À Vélo le risque d’un éboulement majeur sur ce quai est certainement moins important que le risque d’avalanche sur les pistes de ski le weekend !

– le secteur de la Mulatière est un aménagement des années 70, période où la prise en compte des non-motorisé était nulle, aujourd’hui de nombreuses villes se préoccupent de la cohérence et du maillage des aménagements cyclables.

– la mixité piétons/cyclistes ne fonctionne pas ! Les associations de Piétons sont en accord avec La Ville À Vélo sur ce point : nous ne voulons pas de pistes cyclables sur les trottoirs comme le fait si bien l’agglomération Lyonnaise à chaque fois qu’elle ne veut pas rogner sur la place de l’automobile.

– Il est inutile de faire 60 mètres de piste cyclable dans une rue calme si on n’apaise pas le trafic de la rue sur laquelle cette piste se termine… exemple du Cours Lafayette et de ses 4 voies à sens unique s’impose tout de suite à l’esprit !

– Le vélo est un très bon moyen de faire de l’exercice physique de façon quotidienne

– Il n’y a pas de concurrence ou d’antagonisme entre le vélo et les transports en commun. Beaucoup de cyclistes sont aussi des utilisateurs réguliers des bus, métro et autre tram ! Toutefois le vélo permet une autonomie que les transports en commun ne peuvent assurer, notamment en terme de temps de trajet et aux horaires où les TCL n’assurent pas de service.

– Les besoins en stationnement ne sont pas pris en compte, le nombre d’arceaux et de stationnement dédié aux cyclistes est dérisoire.

Vous êtes cyclistes ou piéton, cette situation vous gêne ?
A vous d’agir

Notre revendication aura plus de chance d’aboutir si une majorité de citoyens exprime ses difficultés à se déplacer dans ce secteur de la Mulatière.

Téléphonez ou écrivez à votre maire, À Gérard Collomb président de l’agglomération, À Michel Mercier président du Conseil Général !

Le vélo ne doit pas être une affaire de centre ville, la périphérie de Lyon doit aussi profiter des bienfaits du vélo en terme de santé, de convivialité et d’économie.

A vous d’agir
Vous trouverez tous les contacts nécessaires dans le document ci-dessous :

Liste des interlocuteurs responsables des transports dans l’agglomération Lyonnaise pour ce secteur de la Mulatière.

Vous pouvez aussi nous soutenir en adhérant à la Ville À Vélo

Un point noir : le secteur de la Mulatière

Son pont, son autoroute A7, son enchevêtrement de voies urbaines, ses vitesses excessives. C’est l’un des majeurs points noirs de l’agglomération.
Ce type de coupure modifie en profondeur le fonctionnement urbain et les relations entre des zones aussi peu éloignées que Perrache et Oullins. Les associations de cyclistes dénoncent le manque de maillage cyclable depuis des années. Son pont, son autoroute A7, son enchevêtrement de voies urbaines, ses vitesses excessives.<img134|center>

Le secteur de la Mulatière est de ces endroits que la plupart des cyclistes, même confirmés, n’aime pas emprunter. C’est l’exemple type de l’aménagement tout-motorisé où les piétons et cyclistes n’ont qu’une place anecdotique. A plusieurs reprises, des cyclistes nous ont avertis de leurs difficultés à trouver un itinéraire satisfaisant entre la Mulatière et la Presqu’île.

Aujourd’hui la fermeture du Quai Jean-Jacques Rousseau pour éboulement et les travaux qui s’éternisent sur le trottoir du Pont de la Mulatière entraînent en effet de graves difficultés de circulation tant pour les cyclistes que pour les piétons qui relient les communes de l’Ouest Lyonnais à la Presqu’île ou Gerland.

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Les objectifs du Plan de déplacements urbains (PDU) sont pourtant clairs : il faut encourager l’usage de modes de déplacement non motorisés. Pour ce faire, il faut travailler sur les effets de coupure liées aux grandes infrastructures tel que le pont de la Mulatière. Aménager ce secteur est donc une priorité absolue si l’on veut vraiment favoriser le développement du vélo et de la marche dans notre agglomération.

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Le chantier présent sur cette photo est en total contradiction avec la Charte du piéton et la Charte du développement de l’usage du vélo signées par le Grand Lyon.

Il n’y a aucune prise en compte des cyclistes sur cet axe, les automobilistes respectent peu la limitation de vitesse, la réaction des cyclistes est donc d’encombrer l’étroit trottoir réservé aux piétons.

Combien d’années devrons-nous encore attendre pour qu’une volonté politique réalise des aménagement cyclables dignes de ce nom dans ce secteur ? En dépit de nombreuses revendications individuelles et associatives, nous ne voyons aucune avancée sur ce carrefour majeur de la Mulatière : aujourd’hui cyclistes et piétons veulent être entendus !

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Face à cette situation de crise, le 25 Février 2009, l’association La Ville À Vélo a envoyé un courrier À Gérard Collomb, Président du Grand Lyon et À Denis Hirsch Directeur Interdépartemental Des Routes Centre-Est pour travailler ensemble à la résolution de ce point noir.

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Point noir : Pont de la Mulatière – Donnez votre avis

Vous êtes cyclistes ou piéton, cette situation vous gêne ?
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Notre revendication aura plus de chance d’aboutir si une majorité de citoyens exprime ses difficultés à se déplacer dans ce secteur de la Mulatière.

Téléphonez ou écrivez à votre maire, au président de l’agglomération, au président du Conseil Général !

Le vélo ne doit pas être une affaire de centre ville, la périphérie de Lyon doit aussi profiter des bienfaits du vélo en terme de santé, de convivialité et d’économie.

A vous d’agir
Vous trouverez tous les contacts nécessaires dans le document ci-dessous :

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Bibliographie

Évaluation de l’effet des coupures urbaines sur les déplacements des piétons et des cyclistes
Article de synthèse
Responsable de la recherche : Frédéric HERAN — économiste
Programme interministériel sur les transports (PREDIT II)
Groupe thématique n° 1 : “Recherches stratégiques”
Axe 7 : “Déplacements non motorisés et usage non privatif des véhicules particuliers”

Transports en milieu urbain : les effets externes négligés
Ouvrage publié À la Documentation Française

3. Le funiculaire (remonte-pente) de la rue Terme

La première ligne de funiculaire au monde vit le jour À Lyon, dans l’emprise de la rue Terme. Ce funiculaire, sacrifié sur l’autel du tout-voiture, a du laisser sa place à un banal tunnel routier. Et cela n’est pas prêt de changer malgré les promesses de campagnes…

Historique

Inauguré le 3 juin 1862, il fut le premier funiculaire au monde. En 1863, il est à noter l’ouverture d’une ligne de chemin de fer classique au départ du bd de Croix-Rousse et à destination de Sathonay puis Bourg, en correspondance quai à quai avec la ficelle.

Exploitants : Cie des chemins de fer de Lyon à la Croix-Rousse, puis en 1905 : OTL (Omnibus et Tramways de Lyon).

Fermeture définitive le 31 décembre 1967 pour laisser place à une voie routière rapide.

Quelques chiffres
Longueur de la ligne : 489 mètres

Déclivité maximale : 160 mm/m (16%)

En 1880, la ligne a comptabilisé 4 millions de passagers, 10 000 par jour
DIX MILLE!!!

A titre de comparaison, moins de Mille automobiles empruntent ce tunnel quotidiennement de nos jours.

La rue Terme est un lien entre 2 arrondissements : le 1er (26 861 habitants) et le 4ème (33 781 habitants).

Actuellement

La partie de la rue terme concernée par le projet de nouveau funiculaire reçoit environ 500 À 600 véhicules/jours. Avec un taux d’occupation de 1,2 personnes/voiture en moyenne, cela signifie que dans le meilleur des cas
ne parcourent ce tunnel chaque jour
un tout petit millier de personnes.
La rue terme est un accès direct et rapide À Croix-Rousse pour les rares véhicules motorisés. Pas pour les autres usagers…

Le projet

Depuis quelques années, il existe un projet pour rétablir un funiculaire dans la rue Terme, permettant le transport de personnes et de cycles.

Une étude de faisabilité a été confiée À SEMALY (maintenant nommée Egis Rail http://www.egis-rail.fr/ ) en 2003. Cette étude est normalement d’ordre privée et non consultable. Discussion en cours pour en demander l’accès pour La Ville À Vélo…

Ce funiculaire relierait le bas de la rue Terme au bd de la Croix-Rousse en 2 minutes, pour un coût de 11M d’€ (avec 1 rame en circulation) ou 16M d’€ (2 rames).

Gérard Collomb, dans son programme de campagne intitulé « Aimer Lyon », p.204 :

« Nous aménagerons le funiculaire vélos-piétons sous le tunnel reliant la rue Terme à la Croix-Rousse auquel nous avions songé au début du mandat mais qui ne se justifiait pas alors en raison du faible nombre de cyclistes À Lyon. »

Il était alors prévu que le cahier des charges inclut d’emblée les concertations avec les représentants d’associations cyclistes et piétons.

OÙ en est le projet ?

Dans le progrès du 09/10/08, on peut lire un article intitulé «Â Le projet de Funiculaire est compromis ». Les crédits nécessaires à la réalisation de cette installation seraient insuffisants. Le plan de mandat 2008-2014 du SYTRAL, adopté le 30/10/08, ignore ce projet de funiculaire.

Et, en fin d’année 2008, ce que l’on pouvait redouter arriva : abandon définitif et officiel du projet de funiculaire, jugé trop coûteux dans la période de crise que traverse le pays et la ville de Lyon. Le projet phare du « plan vélo » de Gérard Collomb est placé aux oubliettes.

Pourquoi ne pas se satisfaire de la ligne C ?

La ligne C du métro permet aux piétons et cycles de se rendre au bd de la Croix-Rousse depuis Hôtel de Ville. Mais l’accès à ce métro avec une bicyclette, que ce soit à la station Hôtel de Ville ou Croix-Rousse, relève du parcours du combattant (portillons inadaptés aux vélos, multiples escaliers…) et l’article 15 du règlement du réseau TCL interdit aux personnes transportant un vélo d’utiliser les ascenseurs. Les rames de métro sont de toutes façons inadaptées pour recevoir les vélos
Ajouter un «Â truck pour vélos » aux rames voyageurs serait très coûteux et demanderait des modifications lourdes (quais + rames), ce qui rend le projet non viable.

Pourquoi les cyclistes soutiennent le projet de funiculaire ?

– Forte déclivité pour rallier le bas des pentes au bd de la Croix-Rousse. Il faut compter environ 80m de dénivelé, ce qui est peu adapté À une pratique urbaine et quotidienne du vélo (les stations de Vélo’V continuellement vides situées le long du bd de la Croix-Rousse en sont l’exemple flagrant, tout comme le faible nombre de vélos empruntant la rue de l’Annonciade + Cours Général Giraud et l’insurmontable Montée Saint Sébastien)
Un funiculaire adapté au transport de vélo permettrait de développer fortement la pratique du vélo À Croix-Rousse, pratique actuellement freinée par le relief très prononcé de la colline.

– Très forte densité de population : 18593 hab/km2 À Lyon 1er, et 11695 hab/km2 À Lyon 4ème.
la demande en déplacement est très forte sur Croix-Rousse et la Presqu’île. En revanche, la rue Terme n’est empruntée que par 500 À 600 véhicules par jour, soit une voiture toutes les 3 minutes ! Ce maillon du réseau routier est loin d’être indispensable. La preuve : il est fermé toutes les années 5 semaines environ (vogue des marrons) et pourtant le trafic routier n’est pas pour autant bloqué !

– le haut de la rue Terme correspond avec le début de la piste cyclable bd des Canuts, qui est prolongée par la Voie de la Dombes jusqu’À la gare SNCF de Sathonay. Le long de la piste cyclable et de la voie verte (ou à proximité) se trouvent notamment un centre commercial (Caluire 2), une Zone Industrielle (Perica, 300 entreprises et 5000 emplois) ainsi que l’Hôpital de la Croix-Rousse et l’infirmerie Protestante.
Loin de se limiter aux seuls intérêts des habitants du bd plateau ou des pentes, le funiculaire de la rue Terme permettrait aux lyonnais et grand lyonnais de mieux profiter à vélo ou à pied d’un axe agréable, en site propre pour une bonne partie, déjà entièrement aménagé donc ne demandant pas de nouveaux investissements, et qui dessert de nombreuses zones d’emplois et de commerces ainsi qu’une gare SNCF (train+vélo).

– À l’heure du Grenelle de l’environnement, du développement durable et de la modification profonde des choix de déplacements privilégiant les modes doux aux véhicules privés, la réouverture du funiculaire de la rue terme serait un acte d’une portée symbolique et pratique énorme. Obtenir une circulation apaisée À Lyon passe aussi par une réduction de la surface réservée aux voitures pour favoriser le déplacement des piétons et cycles, sans oublier les rollers. Avec ce nouveau funiculaire, Lyon, première ville à avoir adopté les Vélos Libre Service, première ville en Europe à se doter d’une Zone 30 si étendue, pourra démontrer à nouveau aux villes françaises et européennes que la dynamique visant à faire de cette ville un véritable modèle européen en terme de transport est toujours d’actualité !
L’image de la ville de Lyon en France et en Europe s’est continuellement améliorée ces dernières années grâce à ses grands projets. Donnons-nous une chance de continuer sur cette lancée, en menant une politique des transports ambitieuse. Ce funiculaire pourrait également représenter pour les touristes une attraction «Â  À voir », si comme il a été déjà proposé, des fresques et des jeux de lumières soient réalisées à l’intérieur des tunnels de la rue Terme. La ville de Lyon et les nombreuses entreprises lyonnaises étant mondialement connu dans ces deux derniers domaines (mise en lumière des bâtiments, réseau international LUCI que la ville de Lyon préside, des dizaines de fresques partout dans Lyon fort appréciées des touristes…) elle aura une nouvelle fois l’occasion de démontrer son savoir-faire.

Quelques difficultés à relever

– un accès au bas du funiculaire mal aisé ? Des pistes ou bandes cyclables donnent un accès indirect à la rue terme : piste quai Pierre Scize, bande rue de Brest et rue du Pdt E. Herriot, et bien sûr les nouvelles berges du Rhône. Il s’agirait là d’adapter les liaisons terminales entre ces pistes et bandes et le funiculaire, ou simplement de rendre la circulation des vélos plus fluide en généralisant le double sens cyclable dans la zone 30. Concernant l’accès piétons, le tunnel est desservi par les bus TCL 6, 13 et 18 À l’arrêt Mairie du 1er, et par les bus TCL 2, 6, 13, 33, 45, 61 et N12 À l’arrêt Croix Rousse (À proximité).

– Un coût trop élevé pour la ville de Lyon ? Si l’on prend en compte les externalités négatives des déplacements par automobiles, et le gain potentiel en qualité de vie et en facilité de déplacements des lyonnais et grand lyonnais… Ajoutons à cela les retombées médiatiques positives qui peuvent aider la ville de Lyon à se faire connaître des entrepreneurs internationaux et des touristes… Le bénéfice sera forcément au rendez-vous.

Sources

Différents articles du Progrès : 11/11/2007, 08/01/2008, 18/02/2008, 22/02/2008, 09/10/2008.
Tacots et ficelles du Lyonnais, par José Banaudo, éd. De Borée, 2002.

Et le bon sens… cyclable.

. La photo de l’ancien funiculaire est tirée du livre «Â Les transports À LYON, Du tram au métro » par Guy et Marjorie Borgé, René Clavaud, Jean Honoré Éditeur 1984 (épuisé mais consultable à la BM de Lyon)