À l’approche des échéances électorales de 2026, La Ville à Vélo et une dizaine d’associations dévoilent un Plan citoyen pour une métropole lyonnaise tournée vers la marche et le vélo.
Nous fixons un objectif clair : à l’horizon 2032, la marche et le vélo doivent devenir les modes de déplacements du quotidien majoritaires dans la métropole de Lyon. Nous affirmons le droit fondamental de chacune et chacun à se déplacer en sécurité à pied et à vélo.
Nous appelons les futurs candidats à s’emparer de ces enjeux pour améliorer ces modes de déplacements et les rendre plus accessibles à toutes et tous.
Françoise Chevalier, coprésidente de la Maison du VéloPerrine Segura, coordinatrice de la CLAVetteMartin Vericel, coordinateur de La Poursuite et UnivoyageMélodie Cros-Ferréol, co-présidente de l’association la Ville à Vélo présente le poster du plan marche et véloDocument du plaidoyerMélodie Cros-Ferréol, co-présidente de l’association la Ville à Vélo
Entre le 15 novembre 2021 et le 15 février 2022, le Sytral a organisé une concertation préalable sur l’opportunité de créer une ligne de transport par câble entre Francheville / Sainte Foy et Lyon (soit Presqu’Île, soit Gerland), avec quatre fuseaux proposés à la discussion.
La Ville à Vélo ne prend pas parti dans ce débat et ne privilégie pas un fuseau plutôt qu’un autre mais a déposé les deux contributions suivantes.
Multimodalité Transport par câble / vélo
Le vélo est un mode de rabattement efficace vers les lignes de transport en commun : il permet d’agrandir le rayon de rabattement par rapport à la marche, pour un coût très modique, et donc d’augmenter l’attrait des transports en commun. A ce titre et pour favoriser la multimodalité, La Ville à Vélo demande qu’en cas de création de ligne forte de transport en commun, telle une ligne de transport par câble, il soit prévu des parkings relais vélo dimensionnés en lien avec la fréquentation journalière attendue et la part modale du vélo souhaitée. Des aménagements cyclables sécurisés doivent également être réalisés pour relier les stations aux lieux de vie. Même si le stationnement des vélos en station doit être privilégié à son emport pour les trajets réguliers, la possibilité d’emporter son vélo dans les cabines (ou à l’extérieur) est un élément qui faciliterait l’usage du vélo (rentrer en cas de crevaison, de météo défavorable, ou de fatigue par exemple), et au final, induirait une baisse de l’usage de la voiture. Nous recommandons donc qu’une partie au moins des cabines soient équipées de façon à permettre cet emport.
Accélérer la réalisation des Voies Lyonnaises
En cas de non réalisation de cette ligne de transport par câble, et pour permettre à des nombreux habitants et salariés du secteur de moins utiliser leur voiture, La Ville à Vélo demande la création au plus vite des itinéraires des Voies Lyonnaises sur le secteur Ouest : en priorité la VL 5, mais aussi les VL 11, 6, 8, 9 et 10, qui permettraient de relier en réseau les secteurs de Francheville/Ste Foy aux autres communes de l’Ouest Lyonnais, et à la majeure partie de Lyon. En effet, les voiries de l’Ouest Lyonnais sont actuellement très peu sécurisées pour les cyclistes : pour exemple, l’itinéraire cyclable prévu pour la VL 5 sur ce secteur n’est séparé de la circulation automobile que sur la partie entre l’avenue des Aqueducs (Oullins) et l’avenue de Limburg (Ste Foy). Les autres aménagements déjà réalisés sont en bandes cyclables et en voies de bus partagées. Sur l’ensemble de l’Ouest Lyonnais, très peu d’aménagements cyclables existent, et ils sont très rarement réellement sécurisants. Or, le sentiment d’insécurité est le premier frein à l’usage du vélo. En ce qui concerne les transports en commun existants, la ligne 14 des TCL n’est pour l’essentiel pas en site propre et est donc pénalisée par les bouchons (et par les ruptures de charge). Le TTOL pourrait être rendu plus efficace par une tarification adaptée, mais il ne dessert que la partie nord du secteur, et serait de toute façon peu efficace pour rejoindre des communes plus au sud (typiquement Pierre-Bénite ou Lyon 7) depuis Francheville. Créer ces aménagements cyclables inciterait par conséquent de nombreux habitants et salariés à abandonner l’usage de la voiture pour se mettre au vélo pour leurs déplacements quotidiens.
Les résultats du troisième Baromètre des villes cyclables de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) ont été annoncés à l’occasion de son congrès 2022 à Tours ce 10 février. Que nous disent-ils ? La satisfaction des cyclistes grand lyonnais a progressé en deux ans : la note accordée au ressenti des cyclistes augmente de +44 % à Lyon et +31 % à Villeurbanne par exemple, mais elle reste loin derrière les villes comme Grenoble ou Strasbourg.
Grâce à une forte mobilisation des bénévoles de La Ville à Vélo,plus de 9 000 Grand Lyonnais ont répondu à cette enquête à l’automne 2021. Cette mobilisation a également porté le nombre de communes classées dans la métropole à 36, contre 23 lors de la dernière édition en 2019. Signe que la pratique du vélo s’installe de plus en plus dans tout le territoire de la métropole.
L’enquête du Baromètre des villes cyclables 2021
C’est la troisième édition de cette enquête citoyenne sur l’usage du vélo organisée par la FUB, fédération nationale dont fait partie La Ville à Vélo.
Elle était accessible en ligne sur le site Internet barometre.parlons-velo.fr du 14 septembre au 30 novembre 2021. Ses 277 384 réponses enregistrées représentent une hausse de plus de 50 % par rapport à l’édition 2019 et de 145 % par rapport à l’édition inaugurale en 2017. Seules les communes ayant atteint un minimum de 50 réponses sont classées. Pour chacune des 26 questions, réparties en cinq thématiques, les répondants ont pu attribuer une note entre 1 (négatif) et 6 (positif).
Une note globale est calculée pour chaque commune à partir de la moyenne des cinq thématiques : ressenti général, sécurité, confort, efforts de la commune et stationnement/services vélo. En fonction de cette note globale, les villes sont catégorisées sur une échelle allant de « climat vélo excellent » à « climat vélo très défavorable ». Au total 1 625 communes de France métropolitaine et d’outre-mer bénéficient d’une note et sont classées. Elles sont regroupées en cinq catégories, dont les grandes villes (38 communes dont Lyon) et les communes de banlieues (où l’on retrouve les 35 autres communes de la métropole classées). Aucune commune de la métropole de Lyon ne figure néanmoins sur le podium. Ces résultats ne peuvent donc pas être satisfaisants pour une métropole cyclable pour toutes et tous.
Pourquoi un baromètre ?
Les données issues du Baromètre sont précieuses pour mieux comprendre les freins à la pratique du vélo dans chaque commune, et avoir l’avis des principaux concernés sur la cyclabilité d’un territoire. Ce sont des arguments de poids dans les discussions des bénévoles de La Ville à Vélo avec les élu·es et technicien·nes !
Le baromètre permet de noter la ville, mais aussi de signaler les principaux points noirs sur une carte, ainsi que les lieux qui nécessitent en priorité du stationnement vélo. La cartographie permet également d’identifier les secteurs les plus appréciés par les cyclistes. Tous les résultats sont disponibles en ligne sur https://barometre.parlons-velo.fr/2021/carte.
Plus d’informations dans le dossier de presse de la FUB :
En 2021, le vélo confirme sa pertinence pour faciliter les déplacements : rapide, non polluant, économe, faible encombrement, procurant une activité physique quotidienne et en plein air. Le vélo séduit par ses atouts et les habitants du Grand Lyon sont de plus en plus nombreux à l’utiliser au quotidien. Les compteurs automatiques de vélos du Grand Lyon battent des records (+24 %, 37 millions de passage sur les détecteurs de comptages en 2021), les locations de Vélo’V aussi : que ce soit en septembre (le mois avec la plus forte fréquentation habituelle), en hiver, sur l’ensemble de l’année, les chiffres sont tous à la hausse. Les témoignages que nous avons reçus pour les portraits du calendrier de l’Avent de La Ville à Vélo sont aussi le reflet de la diversité des utilisateurs du vélo ! Oui, le vélo est une solution de mobilité pour tout le monde – ou presque. Et si le 4 juillet, la Convergence 2021, la grande fête lyonnaise du vélo, a été quelque peu gâchée par une météo matinale pluvieuse, la foule présente en nombre l’après-midi sur la place Bellecour pour tester des vélos-cargos ou longtails, ou pour se rendre compte des angles morts des bus, a bien montré l’envie croissante des Grands Lyonnais de choisir ce mode de déplacement.
2021, c’est aussi l’année du 3ème Baromètre des Villes Cyclables de la FUB : plus de 250 000 cyclistes (et 27000 non cyclistes) ont répondu à cette enquête nationale pour exprimer leur ressenti sur la cyclabilité des communes dans lesquelles ils et elles se déplacent. Sur le Grand Lyon, 36 communes ont atteint le minimum de 50 réponses pour donner lieu à l’analyse des résultats : toutes les communes de 1ère couronne sont couvertes, et c’est au total 13 communes de plus que lors de l’édition 2019. Les résultats complets ne sont pas encore connus, mais les cartes des points noirs, des améliorations et des manques de stationnement vélo sont d’ores et déjà des outils précieux de dialogue entre associations et collectivités.
Une association militante
En 2021, La Ville à Vélo s’est battue au côté de la FUB pour mettre du vélo dans la Loi Climat et Résilience : deux marches Climat, des actions de lobbying auprès des députés et sénateurs du Rhône ont finalement permis de transformer la prime à la conversion en prime mobilité durable, en cas de mise au rebut d’un véhicule polluant.
En amont des élections régionales du printemps 2021, nous avons participé à la création d’un collectif vélo Auvergne-Rhône-Alpes, composé d’une trentaine d’associations, pour structurer un plaidoyer commun et dialoguer avec les équipes de campagne : le vélo doit aussi avoir sa place dans les déplacements périurbains et ruraux, et la Région a un rôle important en tant qu’organisatrice des mobilités. L’intermodalité vélo-TER (ou cars interubains) est un levier fondamental pour diminuer l’usage de la voiture individuelle pour des déplacements intrarégionaux : déplacements professionnels, trajets domicile-lieu d’études, voyage à vélo.
Au niveau local, notre association s’est attachée à répondre aux différentes concertations et consultations en cours pour défendre le rôle et la place du vélo dans nos rues : que ce soit sur le bruit, sur le plan de protection de l’atmosphère, sur les projets du Sytral (T9, T10, métros, BHNS), sur la modification du PLU-H, sur la Rive Droite du Rhône ou au sein du projet de CPER, le vélo est un atout pour améliorer les déplacements et le cadre de vie, et mérite qu’on lui consacre une place décente dans les politiques publiques.
Pour sensibiliser les équipes municipales à la création d’aménagements cyclables et les inciter à promouvoir le vélo, nous avons envoyé à tous les maires – ou leurs adjoints à la voirie – un exemplaire du livre « Pourquoi pas le vélo » de Stein Van Oosteren : tous les bienfaits du vélo illustrés par des exemples concrets, les freins à son utilisation démontés les uns après les autres, pour rendre la France (et la métropole de Lyon?) cyclable. Au printemps, nous leur avons aussi rappelé dans une tribune qu’il ne suffit pas de parler « vélo », mais qu’il faut agir concrètement en créant des aménagements, en prenant (un peu) de place à la voiture pour que les cyclistes deviennent visibles et légitimes dans nos rues. Les bonnes habitudes se prennent tôt : accorder de la place aux cyclistes dans l’espace public, former les cyclistes les moins aguerris, est indispensable pour lutter contre la sédentarité, dont celle des enfants, comme nous le rappelons dans une tribune publiée par le Progrès.
Avec Alternatiba 69, Greenpeace Lyon, la Clean Cities Campaign, des parents d’élèves de l’école Michel Servet, nous avons créé la coalition La Rue Est À Nous – Lyon : l’objectif de cette coalition est de promouvoir des rues piétonnes (ou avec le minimum de circulation) au niveau des écoles pour améliorer la qualité de l’air respiré par les enfants et par tous les habitants du quartier. Moins de voitures, c’est aussi une meilleure sécurité, et moins de bruit. L’autre objectif de cette coalition est de démontrer les méfaits de la pollution de l’air due à l’automobile pour aboutir à la diminution, et, à terme, à l’interdiction complète, des véhicules à moteur thermique en ville.
Oui, mais les cyclistes …
Les cyclistes sont souvent suspectés de générer des embouteillages – qui existaient bien avant la présence de pistes ou bandes cyclables – , mais aussi de se mettre tout seuls en danger : pas de lumière, feu rouge grillé, sens interdits, non port du casque… Certes, personne n’est parfait, et les cyclistes pas plus que les autres. Preuve en est par exemple le nombre de cyclistes circulant sans éclairage de nuit. Pour les sensibiliser, nous avons mené en novembre une campagne de distribution de catadioptres (obligatoires sur les roues et les pédales). Concernant les feux rouges, une campagne du Grand Lyon est en cours pour équiper tous les feux tricolores de panonceaux « M12 » autorisant les cyclistes à passer au rouge après avoir céder la priorité aux autres usagers, dont les piétons. C’est une bonne mesure visant à limiter le risque de se retrouver « oublié » dans l’angle mort d’un véhicule arrêté au feu. Passer, en respectant le Cédez-le-Passage, alors que le feu est rouge permet de sauver des vies : rester visible et loin des autres véhicules au démarrage. Pour les sens interdits, rappelons qu’en zone 30, toutes les rues sauf arrêté pris par le maire sont à double sens pour les cyclistes : c’est une façon d’affirmer que la place des cyclistes est sur la chaussée et non sur le trottoir.
Et le casque ? Il est facultatif, et c’est très bien comme ça, chacun juge en fonction de ses conditions de déplacement de l’opportunité d’en porter un ou non ! Un projet de loi a (encore !) été déposé au Sénat pour rendre son port obligatoire. Or, les bénéfices du vélo en termes de santé, même sans casque, compensent largement le risque de blessures à la tête en cas d’accident. Rendre le casque obligatoire serait contre-productif car cela dissuaderait certains utilisateurs du vélo de continuer à le pratiquer… sans compter que la protection apportée par ce morceau de polystyrène lors d’un accident contre un poids lourd, ou même une voiture, est très faible. Tout début 2022, nous avons mobilisé nos adhérents pour qu’ils demandent à leurs sénateurs et sénatrices de ne pas voter pour cette loi, et nous avons publié une tribune pour expliquer notre position.
Ce qui améliore la sécurité des cyclistes, c’est clairement la création d’aménagements cyclables qui leur permettent de se déplacer sans conflit avec les autres usagers … mais encore faut-il qu’ils soient respectés ! Pour alerter les élus de l’anarchie du stationnement automobile sur les bandes et pistes cyclables, et montrer aux automobilistes la dangerosité de ce comportement, notre association a organisé une manifestation « Protège ta piste ».
L’accidentologie et, plus généralement, la sécurité routière sont un enjeu majeur pour assurer l’augmentation de la part du vélo dans les modes de déplacement : qui a envie de mettre sa vie en danger en pédalant ? Nous avons ainsi cherché à faire évoluer le label « Ville Prudente », attribué à quatre communes du Grand Lyon, et à de nombreuses autres en France, pour leur « exemplarité en matière de prévention et de sécurité routières ». Dans les faits, une « ville prudente » a-t-elle moins d’accidents qu’une ville sans label ? Les accidents y sont-ils moins graves, en particulier pour les piétons et les cyclistes ? La réponse est – malheureusement – non. Nous avons écrit à des membres du conseil d’administration de l’association Prévention Routière, qui sélectionne les villes et villages prudents : un label, pourquoi pas, mais avec des critères clairs d’attribution, et qui prenne en compte les résultats d’accidentologie ! L’objectif affirmé devrait être d’atteindre la Vision 0 : Zéro mort et blessé grave sur la route, et ce n’est pas un panneau en entrée de ville qui protège celles et ceux qui y circulent !
Une association à l’écoute des cyclistes
Au-delà d’actions de lobbying au niveau national, la Ville à Vélo est avant tout une association locale : représentée dans les neuf arrondissements de Lyon, dans près de 30 communes du Grand Lyon et dans deux communautés de communes limitrophes, pour dialoguer avec les élus et les citoyens du territoire, susciter la création d’aménagements de voirie ou de stationnements vélo, faire des campagnes d’information, ou encore promouvoir le savoir rouler à l’école.
Ces représentants locaux connaissent bien leur secteur, et leur expérience a été fondamentale pour commenter les itinéraires du réseau des Voies Lyonnaises : où sont les points durs, quels secteurs seront facilement aménageables, quels sont les points de vigilance à avoir.
Elles et ils organisent également des actions de terrain : comptages, tractages, manifestations, visites de terrain, ateliers d’autoréparation, rencontres avec les élus et entre adhérents, analyse des résultats du Baromètre des villes cyclables… pour une prise en compte globale du vélo !
La Ville à Vélo est aussi présente au sein des commissions modes actifs de la Métropole, de la Commission Communale d’Accessibilité de la ville de Lyon, de la Commission Consultative des Services Publics Locaux (CCSPL) du Grand Lyon et du Sytral ; elle rencontre au besoin Keolis, le Sytral, des chefs d’entreprises ou des syndicats pour favoriser le vélo dans les déplacements domicile-travail, des aménageurs urbains : partout où les cyclistes ont besoin d’affirmer leur place.
La Ville à Vélo, c’est aussi des petites mains qui gèrent le site internet, les réseaux sociaux, le « nuage-cumulus », la compta, le courrier, l’envoi des newsletter, bref, qui assurent le quotidien de l’association, merci à elles et eux !
Le 25 septembre dernier, le collectif local de La Ville à Vélo “Plateau Nord” organisait l’événement “J’M Caluire à Vélo” : un rassemblement proposé à tous les usagers du vélo sur le Plateau Nord qui passent par la ville de Caluire, afin de donner de la visibilité aux nombreux cyclistes et demander plus d’aménagements cyclables sécurisés à Caluire auprès de la Mairie.
Parmi les 120 personnes qui se sont mobilisées ce jour-là, beaucoup de familles accompagnées de leurs enfants. Deux départs ont été donnés depuis chaque extrémité de Caluire pour se retrouver à la maison de la voie verte en direction de l’Hôtel de Ville, point d’orgue du rassemblement.
Après un petit discours porté par Sébastien Joannin, co-président de La Ville à Vélo et résident de Rillieux-la-Pape, le groupe a été invité à dessiner leurs trajets quotidiens sur un plan mis à leur disposition spécifiant les axes jugés comme dangereux, ceux qu’ils empruntent pour les loisirs et pour les trajets du quotidien.
120 usagers du vélo
Les trajets vélo
La carte vierge
Voici dans le présent article la synthèse des axes ressortant de l’analyse de la centaine de tracés obtenus, remis en perspective avec le plan vélo annoncé par l’adjoint à la mobilité Laurent Michon en octobre 2021. Plusieurs constats :
1. Circuler à Caluire est jugé dangereux
L’ensemble des tracés récoltés manuellement ont été retracés sur une carte de synthèse afin d’avoir un aperçu global des axes pratiqués ainsi que ceux jugés comme dangereux. Les tracés sur la carte ci-dessous en rouge sont jugés dangereux par les usagers, les tracés verts et bleus sont les trajets jugés comme moins dangereux (sur l’échantillon interrogé).
Notre conclusion : la majorité des axes principaux à vélo à Caluire sont jugés dangereux par les usagers.
Carte des voies empruntées par les usagers – données issues à partir de l’enquête J’M Caluire à vélo
à gauche – Carrefour non aménagé rue de Margnolles avec 3 écoles à proximité à droite – Carrefour Saint Clair
2. Les cyclistes parcourent tout le territoire
Les tracés sont nombreux et parcourent l’ensemble du territoire. Aménagés ou pas, avec dénivelé ou sur le plateau, les usagers du vélo empruntent tous les axes de circulation de Caluire et ce quelques soient les directions : Lyon 4 › Rillieux mais aussi sur les versants Rhône et Saône, quartier Saint Clair et quais de Saône. Les déplacements sont variés car le vélo est aujourd’hui un mode de déplacement à part entière et non seulement destiné à une pratique de loisirs. Or quasiment aucun de ces itinéraires n’est sécurisé.
Notre conclusion : les cyclistes fréquentent au quotidien l’ensemble du réseau routier de Caluire au même titre que les automobilistes.
La carte suivante présente le plan vélo prévu par la ville Caluire pour répondre aux besoins des usagers du vélo.
Plan vélo annoncé par la mairie de Caluire
3. Un plan vélo insuffisant
Si on regarde attentivement le réseau proposé dans le “plan vélo” de la commune, on s’aperçoit que :
soit les voies aménagées ne sont pas sur Caluire (Lyon 9e, Lyon 6e),
soit elles ne sont pas aménagées (chemin de halage le long du Rhône)
soit c’est une voie verte partagée avec les piétons occasionnant des conflits d’usage car très empruntée par les cyclistes (un des seuls aménagements sécurisés de Caluire),
soit c’est un axe utile mais peu structurant (chemin de Crépieux)
soit la voie n’est pas aménagée en descente alors que la pente est importante (montée des Forts) et circulante.
Par ailleurs, les accès en montée pour les habitants du secteur “Nord” (route de Strasbourg, Montée des Soldats) sont dangereux et accidentogènes. Les témoignages rassemblés indiquent que les cyclistes sont obligés d’utiliser les trottoirs pour leur sécurité ou alors d’utiliser des itinéraires alternatifs mais plus longs.
Conclusion
Si on fait la comparaison entre le Plan vélo de la commune et les usages actuels des Caluirard.e.s, force est de constater que le programme est bien en deçà de la réalité des besoins.
Les cyclistes du Plateau Nord attendent bien plus d’un “plan vélo ambitieux” : enfants, ados, jeunes, femmes/hommes, personnes âgées, personnes en situation de handicap ont besoin de manière urgente qu’on leur permette de circuler en sécurité à vélo sur la commune dans leurs déplacements du quotidien.
Face à la hausse de fréquentation constatée, et l’analyse factuelle des usages, combien d’accidents faudra-t-il encore pour que la mairie prenne enfin la mesure de sa responsabilité et du besoin exprimé par les usagers ?
A propos de La Ville à Vélo :
Association de promotion de l’usage du vélo au quotidien dans la métropole de Lyon
Objectif : Une métropole 100% cyclable
Représentativité : : 1 200+ adhérents, et plus de 60 représentants dans les 9 arrondissements de Lyon et dans 28 communes de la métropole
Observation et discussion sur la carte réalisée par Lilian afin de vérifier que tout ce que nous souhaitons y est représenté ; nous proposons quelques améliorations et compléments.
Cette carte montre de nombreux projets et qu’on a un environnement très favorable au développement d’infrastructures sécurisées pour le vélo sur Villeurbanne. Cela incite à avancer et lancer dans la foulée la ville 30 et des mesures énergiques pour lutter contre le stationnement gênant. On note qu’il est important que la ville poursuive l’augmentation des places de livraisons, mais cela demeure peu efficace (contre le stationnement gênant sur les bandes cyclables) du fait du peu d’actions de verbalisation.
Commentaires sur les 1errésultats du Baromètre de la FUB :
Nous proposons le texte suivant, à reprendre dans une communication de La Ville à Vélo :
« La carte des améliorations perçues depuis 2 ans montre clairement que les aménagements cyclables récents sont appréciés tels que le pont de Cusset, cours de la République, cours Tolstoï à l’ouest du Totem (côté Lyon), et les « coronapistes » du bd du 11 novembre et cours André Philipp.
Il reste néanmoins, et malheureusement sans surprise, de nombreux points noirs à traiter en priorité : des carrefours non aménagés pour les cyclistes tels que Grandclément et Gratte-Ciel (triangle E Zola / A France) ou encore insatisfaisants comme Totem et Charles Hernu ; des axes dangereux car sans aucun aménagement pour les cyclistes (Salengro, Stalingrad) ou pas encore traités (cours E. Zola au-delà de Cusset et Laurent-Bonnevay ; F de Pressensé) ; et enfin la plupart des axes importants de liaison avec les communes alentours, Lyon vers l’ouest, Caluire au nord, et Vaulx-en-Velin à l’est… y compris sur la piste du T3 avec des points rouges nombreux sur les gros carrefours de cette piste, ainsi que son rétrécissement.
On remarque aussi le rouge de la rue Colin, vers le magasin Cyclable ; ce rouge serait-il lié au stationnement gênant des automobilistes sur la bande cyclable ? Auquel cas cela conforte le besoin de faire respecter les règles de stationnement.
Enfin des arceaux en cœur de ville à proximité des places et des zones piétonnes sont attendus, ainsi que sur le campus de la Doua. »
Prochaine réunion : mercredi 9 février à 18h30 à la Maison Berty Albrecht
Nous préparerons la rencontre avec le Maire prévue le 10 février, ainsi que l’action de comptage qualitatif sur le cours de la République ; et nous poursuivrons l’analyse des résultats du Baromètre de la FUB (l’ensemble des résultats sera dévoilé le 10 avril lors du congrès de la FUB qui a lieu à Tours cette année).
Rappel du contexte : Ce 13 janvier 2022, sénatrices et sénateurs ont débattu d’une proposition de loi qui proposait de rendre obligatoire le casque à vélo. Cette proposition avait été déposée par le sénateur de la Charente François Bonneau et soutenue par une trentaine de sénatrices et sénateurs du groupe de l’Union Centriste (UC) ; elle a été retirée après la discussion générale mais avant d’être soumise au vote. Un seul amendement, proposant la suppression du texte, avait été déposé. Son exposé des motifs révèle le rôle fondamental des “organisations fédérant usagers du vélo et collectivités”, ici la FUB et le Club des Villes et Territoires Cyclables.
Cet événement est l’occasion d’expliquer pourquoi La Ville à Vélo est résolument contre l’obligation du port du casque à vélo, et pour appeler les élu·es à agir sur les causes de l’accidentalité pour atteindre 0 cycliste mort ou blessé grave.
Pourquoi rendre obligatoire le l’obligation du port du casque est contre-productif
L’Université Gustave Eiffel (ex-IFSTTAR) recense depuis 1995l’ensemble des victimes d’accidents de la route survenus à Lyon et dans le Rhône, en collaboration avec 245services hospitaliers qui prennent en charge les blessés, qu’ils soient hospitalisés, ou uniquement traités aux urgences. Entre 2006 et 2012, les cyclistes ayant des blessures qui mettent en jeu le pronostic vital (MAIS 4+) souffrent pour 76% d’entre eux de lésions à la tête.
De plus, plusieurs études en France ou à l’étranger attestent de plus que le port du casque fait baisser la gravité des traumatismes crâniens.
Dès lors, comment expliquer le paradoxe suivant : le port du casque à l’échelle individuelle est bénéfique, en particulier dans le cadre sportif, mais il devient contre-productif lorsqu’il est rendu obligatoire ?
L’obligation du port du casque annule l’effet de sécurité par le nombre
Quand la pratique du vélo augmente, le risque d’accident diminue. Autrement dit, plus il y a de cyclistes, plus la probabilité d’être victime d’une collision diminue.L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière explique dans son bilan 2020 que “la mortalité cycliste a baissé de 5 % entre 2019 et 2020, malgré une hausse des déplacements de l’ordre de 10 %.” Or, l’obligation du port du casque décourage la pratique du vélo, annulant ainsi l’effet de sécurité par le nombre et augmentant le risque de collision.
Graphique illustrant la pratique du vélo et le risque associé dans une sélection de pays de l’OCDE parStatista.
Les bénéfices pour la santé du vélo sont supérieurs aux risques, même sans casque
Une étude de 2012 de l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France a évalué que les bénéfices sur la santé de la pratique du vélo sont plus de 20 fois supérieurs aux risques encourus, et ce rapport bénéfice / risque augmente avec le nombre de cyclistes. Les auteurs indiquent :
« Ce ratio très important en faveur du vélo est essentiellement dû aux bénéfices de l’activité physique qui l’emportent largement, à la fois sur les autres bénéfices et sur l’ensemble des risques. »
Sur lamétropole de Lyon, entre 54 % et 84 % de la population selon les communes marchemoins de 10 minutes par jour, loin des recommandations de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique par jour. Pourtant, près de 2 déplacements sur 3 de la métropole de Lyon fontmoins de 3 km, une distance aisément réalisable à pied … ou à vélo !
Se fixer l’objectif d’atteindre 0 cycliste mort ou blessé grave
Le fait qu’une collision soit fatale ou pas dépend dans la grande majorité des cas de l’implication d’un conducteur de véhicule motorisé (65% des morts en 2020, 73% en 2019). Résultat : on constate qu’il y a la même proportion de tués parmi les victimes casquées que parmi les victimes non casquées.
Graphique montrant l’accidentologie selon le port du casque, d’après le bilan ONISR 2019, par Pol Grasland-Mongrain
Pour la sécurité des cyclistes, La Ville à Vélo demande donc à tous les élus, locaux et nationaux, d’agir sur les causes de l’accidentalité pour créer un “système sûr” et atteindre 0 cycliste mort ou blessé grave.
Ces actions, efficaces et concrètes, sont les suivantes :
Mailler la métropole d’aménagements cyclables sécurisés et continus
Généraliser la ville 30 (le 50 km/h devenant l’exception)
Généraliser la piétonnisation des rues devant les écoles et dans les cœurs de ville
Généraliser l’apprentissage obligatoire du savoir rouler à vélo au niveau Cycle 3 (CM1, CM2, 6ème) dans toutes les écoles et collèges de la métropole
Rendre obligatoire les dispositifs anti-angle mort pour les véhicules de grand gabarit
Hormis cette dernière mesure, elles font toutes partie des compétences des élu·es municipaux ou métropolitains.
Réunions AG des conseils de quartier : Marina était à la réunion de Cusset. Plutôt pro vélo. C’était moins le cas à Perralière/Grandclément/Cyprian (mais personne de LVV n’a participé).
Il est important de s’inscrire aux conseils de quartier pour recevoir les infos sur les concertations, les aménagements, les travaux… Les infos sont ici : https://conseilsdequartier.villeurbanne.fr/mon-conseil-de-quartier/
Réunion ZAC GrandClément : participation de Charlotte. Moitié de la réunion sur l’aménagement du parc de 2 ha. Et 2ème partie sur le vélo : expliquer quelles sont les options. Maquettes d’immeubles, route au milieu, et on pouvait ajouter des arbres, mobiliers, concrètement. Super outil de type maquette. Cf. streetmix en version logiciel.
Réunion publique de Vaulx en Velin : deux élus de la ville et Métropole s’était déplacés, Sébastien (co-président) était présent, Nicolas aussi, et une quinzaine de participants. Super diapos de Pierre Crépiel.
Sujet le + important : la sécurité, car il y a eu des victimes d’accident, 3 ponts problématiques (BUE, Cusset qui vient d’être aménagé, et Croix-Luizet qui a un souci d’éclairage).
En relation avec la concertation T9, parmi autres choses il y a le souci du franchissement de la via Rhona. Il y a une option. Le tracé définitif vient de sortir, avec l’itinéraire nord (Feyssine, cimetière militaire) et requalification de Salengro (avec un vrai aménagement cyclable dans un sens). Projet de passerelle au-dessus du canal de Jonage, qui questionne le tracé de la via Rhona.
Réunion de la ZAC St Jean : cheminement entre le futur trajet tramway et le centre de St Jean.
Budget participatif de la ville : vote le 12 décembre sur les projets. Le projet de LVV de vélo école n’a pas été retenu.
Pour l’année prochaine, couplage des appels d’offre pour la ville + Métropole.
Actions 2022 : on fait le tour des actions qu’on aimerait mener et liste par ordre de priorité.
Action abords des écoles / vélorution des enfants
Comptages qualitatifs sur Cours de la République.
A vérifier, comptage peut être en cours par la ville ou Métropole ?
Comptage sur Villeurbanne = vérifier le site sur LVV et donner les références.
Carte communale des projets & Maquette aménagement de rue pour stand LVV
Mémento arguments chiffré et liens
Action en direction du stationnement sauvage
Autre idées : extractions du baromètre, accidentologie, cyclistes brillez, lieu de mémoire vélo, concours photo, évènement avec les boites à vélo, réunion avec Vaulx en Velin
Nous avons eu une réunion avec les élus oullinois chargés des déplacements (M. Guilleman, 1er adjoint et M. Claude, conseiller délégué aux déplacements) pour faire le point sur les déplacements dans la commune.
Les sujets principaux de discussion ont été les tracés des Voies Lyonnaises (ou REV – Réseau Express Vélo) et le réaménagement de la Place Anatole France dans le cadre de l’arrivée du métro B en centre-ville.
Concernant les Voies Lyonnaises: Oullins est un verrou entre Lyon et Saint-Genis-Laval, Pierre-Bénite, Francheville, et pour tout le sud-ouest lyonnais (Irigny, Vourles, Brignais, Chaponost …). Construire des voies cyclables permettant de traverser la ville de façon fiable et sécurisée, sans se retrouver coincé dans les bouchons de la circulation, incitera, nous en sommes convaincus, de nombreux habitants de ces communes à utiliser le vélo pour leurs déplacements quotidiens et à abandonner leur voiture.
Cela demande une volonté politique forte, puisque les voiries sont contraintes et que la circulation automobile est dense.
Nos constats
Situation générale dans Oullins
Le centre-ville d’Oullins (dont la Grande Rue) est très engorgé aux heures de pointe, avec des bouchons pouvant se créer à toute heure (livraison, travaux, arrêts intempestifs …). Cette situation dure depuis de nombreuses années. La prochaine arrivée du métro en centre-ville d’Oullins (place Anatole France) et à St Genis Laval doit être une opportunité pour inciter les automobilistes à changer de mode de déplacement. La ville est limitée, pour l’essentiel, à 30 km/h, mais le flux automobile est tel que la cohabitation avec les cyclistes n’est pas possible.
Depuis les travaux réalisés en 2012-2013 sur la Grande Rue, les véhicules lourds peuvent certes se croiser, mais les trottoirs restent étroits, les piétons respectent difficilement les règles de distanciation physique. Le nombre de véhicules empruntant les grands axes (Grande Rue, Emile Zola) crée des embouteillages à n’en plus finir. Le bruit et la pollution sont très présents. Des piétons souhaitant rejoindre la station de métro Gare d’Oullins descendent du bus à l’arrêt Oullins-Ville pour aller plus vite. Le carrefour entre la rue de la Camille et la Grande Rue dysfonctionne, le feu étant très peu respecté, certains se croient les rois de Tétris ! Les rues annexes, comme les rues de la République, Raspail ou Diderot, servent de raccourci alors qu’elles devraient être réservées à la desserte des riverains. Le carrefour du pont d’Oullins est lui aussi saturé.
Le boulevard Emile Zola est encombré quotidiennement aux heures de pointe entre la rue du Buisset et le pont d’Oullins, et parfois beaucoup plus loin.
Autre axe majeur reliant Oullins à ses voisines, la rue du Grand Revoyet est actuellement fortement impactée par les travaux de prolongement du métro, dont le puits d’évacuation. Cet itinéraire est emprunté par des automobilistes, dont des véhicules de secours, allant d’Oullins à l’hôpital, se rendant sur le secteur de la Mouche, ou se dirigeant vers l’A450 ou la M7. Des étudiants des facultés de médecine et maïeutique l’utilisent pour rejoindre à vélo le centre d’Oullins et cet axe permet de rejoindre le secteur sud d’Oullins à Pierre-Bénite ou Irigny.
Pour les cyclistes
Oullins ne compte quasiment pas de voies cyclables séparées des automobiles (uniquement la voie verte du boulevard de l’Yzeron, une partie de la Via Rhôna, l’avenue des Saules, l’avenue Edmond Locard, l’avenue du Rhône). Ailleurs, il y a au mieux des bandes cyclables, mais le plus souvent rien, y compris là où la chaussée a été refaite depuis la loi LAURE (1996).
Que ce soit sur la Grande Rue ou sur le boulevard Emile Zola, les cyclistes sont réduits à se faufiler dans les gaz d’échappement, entre les flux d’automobilistes, de bus et de véhicules lourds. Les sas-vélos en pied de feux ne sont jamais respectés, et lorsqu’on arrive à s’y insérer, il n’est pas rare de voir un automobiliste nous y rejoindre en dépassant un bus, quitte à se retrouver à contresens ! Les cyclistes ayant contribué au Baromètre des Villes Cyclables 2021 ont pointé les difficultés essentiellement sur ces deux axes.
Autant dire que l’usage du vélo reste réservé à des adultes plutôt aguerris : pour preuve, l’enquête de l’INSEE sur les déplacements domicile-travail montre que, seuls 2% des habitants d’Oullins travaillant à Oullins se déplacent à vélo, 37% pratiquent la marche, 40% la voiture et 21% les transports en commun.
Les propositions de la mairie
Rues aux écoles
Nous demandons depuis plusieurs années la piétonnisation des rues devant les écoles de la ville pour sécuriser les trajets des élèves (la majorité viennent à pied) et diminuer la pollution, notamment aux oxydes d’azote. Un vœu a été voté à l’unanimité au conseil municipal de février 2021 et les conseils d’écoles ont eu à se positionner en ce sens. Trois écoles seront concernées : l’école Jules Ferry, l’école Jean Macé et l’école maternelle du Golf, et les rues seront fermées à la circulation automobile uniquement aux heures d’entrée et sortie des élèves. L’école Fleury-Marceau a aussi été proposée, mais cela s’est avéré impossible en raison du passage de véhicules de police.
Nous espérons que cette piétonnisation temporaire portera ses fruits et conduira à une piétonnisation pérenne des rues concernées : les poumons des élèves oullinois ne s’en porteront que mieux !
La Grande Rue
Un changement quel qu’il soit des conditions de circulation sur la Grande Rue semble inenvisageable pour la mairie : le statu quo est la seule option étudiée par nos élus, qui ont souligné que les cyclistes conservaient le droit de se déplacer sur la Grande Rue ! Leur seule attente est que la situation se régule d’elle-même avec le métro, mais ils ne souhaitent pas ajouter de contrainte à la circulation automobile.
Nous avons noté que, lors des travaux de 2012-2013, la Grande Rue était à sens unique, sans que la situation soit drastiquement différente (et alors même que le métro n’arrivait pas encore à Oullins). Pourquoi ne pas faire de tests ?
Rue de la République
Les seules propositions concrètes seraient de faire baisser le flux automobile sur la rue de la République (retravaillée avec des trottoirs élargis), puisque la partie de cette rue entre la rue Désormes et la place Anatole France changerait de sens. Nous constatons que la rue de la République sert effectivement de shunt entre la Bussière et le bas de la Grande Rue, mais aussi que de nombreux automobilistes l’utilisent pour contourner les bouchons de la Grande Rue via la rue Clément Désormes ou la rue Fleury. Nous sommes donc assez pessimistes sur la baisse du trafic attendue rue de la République et restons dubitatifs sur le fait qu’elle puisse être utilisée efficacement en double-sens cyclable, ou en tant que “voie apaisée”.
Nous déplorons également que des places de stationnement automobile existent sur la rue Clément Désormes alors qu’elle mène au centre social / centre de loisir / crèche et qu’il n’y a pas de trottoir !
La place Anatole France
À la fin des travaux de la station de métro, la place Anatole France sera essentiellement piétonne, avec un passage possible pour les automobiles : rue Clément Désormes, rue de la République, place Anatole France devant l’église, puis sortie par la rue Voltaire en direction de la Grande Rue. La rue Voltaire sera fermée à la circulation automobile au niveau de la rue Victor Hugo, les quelques mètres entre l’entrée du parking et la rue Narcisse Bertholey devenant à double-sens.
Un parking à vélo d’une petite centaine de places est prévu dans un local (à confirmer) de la rue de la République. Très peu d’arceaux seront implantés sur la place elle-même. Ce parking à vélo nous paraît sousdimensionné pour une fréquentation attendue de 15000 usagers/jour à la station de métro. Les cyclistes usagers du métro sont invités à aller … à la station Gare d’Oullins à laquelle un nouveau local à vélo serait créé !
Par ailleurs, la mairie souhaite que la place Anatole France soit dédiée aux piétons, et que les cyclistes y circulent … pied à terre (alors qu’il est bien prévu une circulation automobile !) En particulier, les cyclistes ne pourront accéder au local vélo que par la rue Clément Désormes : autant dire qu’on cherche au maximum à rallonger le parcours d’un cyliste qui viendrait du Golf, et surtout à l’empêcher d’emprunter les petites rues résidentielles !
Le Baromètre des Villes Cyclables montre le déficit de stationnement (dont stationnement sécurisé) sur tout le centre ville d’Oullins (Grande Rue, place Anatole France) et sur le secteur de la gare. Dommage de ne pas chercher à combler cette attente en prévoyant des stationnements vélo en nombre suffisant à proximité du métro. Une cage type “TCL” sur le parking de la Rotonde est évoquée en solution de secours, mais elle restera confidentielle (invisible et éloignée de l’entrée du métro et des commerces de la place et de la Grande Rue).
Si on résume : le moins possible de vélos garés en centre-ville, et pas d’aménagement cyclable pour rejoindre ni le modeste P+R vélo prévu place Anatole France, ni celui de la gare !
La Bussière
L’autre hypothèse évoquée par les élus pour que les cyclistes traversent Oullins en Nord-Sud est le passage par la rue de la Camille, puis la rue du Buisset, pour rejoindre le boulevard de l’Yzeron et sa voie verte. Cela ne nous satisfait pas car l’itinéraire ne permet pas de rejoindre le pont d’Oullins puis Lyon (ni d’aller vers Francheville), le boulevard Emile Zola n’étant pas aménagé ! On ferait donc faire aux cyclistes un détour de 800m sur un trajet initial de 1km, pour emprunter … 150m de voie verte déjà aménagée !
Le Grand Lyon a fait à la commune une proposition de plan de circulation sur le secteur de la Bussière visant à y limiter la circulation de transit. Nous avons demandé à en avoir les plans et ferons nos commentaires sur cette base.
Comment traverser Oullins à vélo (entre St Genis et Lyon) ? Propositions de la mairie d’Oullins. Grande Rue : « non envisageable »; rue de la République/place Anatole France : « dédiée aux piétons »; Bussière : pourquoi pas, mais sans toucher au trafic automobile
Sur le secteur du Revoyet
La rue du Grand Revoyet sera reprise à la fin des travaux du prolongement du métro, avec élargissement des trottoirs, mais juste des pictos pour les vélos. Le chemin du Petit Revoyet deviendrait une zone de rencontre, ou un chaucidou, ou serait muni d’écluses, mais resterait à double-sens pour les automobilistes. Nous craignons que cela ne change pas grand chose par rapport à la situation actuelle : la rue n’ayant pour l’essentiel pas de trottoirs et étant relativement étroite, la réalisation de trottoirs aux normes avec maintien de la circulation automobile en double-sens nous paraît une gageure.
Ce que nous craignons
La sécurité étant le premier frein à l’utilisation du vélo, le risque est que l’absence de considération pour les cyclistes restreigne fortement à Oullins et dans le sud-ouest lyonnais l’essor du vélo que l’on observe partout ailleurs dans la métropole de Lyon, en France et en Europe. À Oullins, les aménagements cyclables ne seront pas continus, les cyclistes resteront mêlés aux véhicules et la circulation automobile restera toujours aussi dense.
Notre crainte principale est celle d’accidents graves dans les rues de notre commune, certes limitées en majeure partie à 30 km/h, mais très rarement aménagées en cohérence avec cette limitation.
L’accès à la nouvelle station de métro à vélo n’est clairement pas favorisé, alors que l’intermodalité vélo-transport en commun lourd fait la preuve de son efficacité. Pour les habitants des quartiers excentrés, quelle solution pour rejoindre le métro de façon fiable et rapide ?
Nous sommes affligés que, face à l’embolie persistante des voiries de la commune, nos élus ne profitent pas de l’arrivée du métro au cœur de la ville pour penser une ville moins dépendante des véhicules à moteur, et ne soient pas prêts à contraindre physiquement l’usage de la voiture. Nous comptions sur ce nouvel équipement pour générer une baisse de la pollution de l’air et par le bruit, insupportable dans la Grande Rue, mais c’est une occasion ratée ! Ne parlons pas de notre dépendance aux énergies fossiles et de nos émissions de gaz à effet de serre, y compris pour des déplacements courts…
Au-delà de la situation catastrophique pour les déplacements intra-muros, il est inadmissible que la mairie ne raisonne pas à l’échelle inter-communale. Par ses positions d’un autre temps, la mairie d’Oullins choisit délibérément de faire obstacle au développement du réseau des “Voies Lyonnaises”, d’intérêt métropolitain.
Par ailleurs, l’attitude des élus tout au long de la réunion a été moqueuse et désobligeante : certes, nous ne sommes pas élus, mais nous portons la voix des cyclistes sympathisants de VALVE ou adhérents de La Ville à Vélo, bénévolement et sans arrière pensée partisane. Nous attendons de nos élus des propositions constructives et non des piques hors de propos et déplacées : si cela peut les rassurer, nous n’avons jamais imaginé détruire tel immeuble pour le remplacer par une piste cyclable, pas plus qu’interdire la circulation automobile sur Oullins… Mais nous pensons que, même à Oullins, la place de la voiture peut et doit être réduite pour une ville plus agréable pour tous ses habitants.
Notre association souhaite vous alerter sur les effets délétères du label « Ville Prudente » pour les piétons et les cyclistes tel qu’il a été attribué jusqu’alors, et vous suggérer des pistes d’amélioration. Nous avons en effet constaté que le label met en avant des Villes dont la politique de lutte contre l’insécurité routière avant et après la labellisation ne protège pas effectivement les usagers vulnérables, et qu’en moyenne, le label est accordé à des communes où le risque d’accident grave est supérieur pour les usagers dits vulnérables.
La Ville à Vélo est une association sans but lucratif qui agit depuis 1994 auprès des élu·es et des aménageur·ses pour promouvoir l’usage du vélo sur le territoire de la métropole de Lyon, et demander un réseau cyclable maillé et sécurisé dans le respect de la réglementation. L’un des rôles de notre association est de collecter le ressenti des cyclistes – plus ou moins expérimentés – et de le partager aux élu·es et aménageur·ses sous forme d’« expertise d’usage » afin que les aménagements de voirie garantissent effectivement la sécurité des cyclistes.
Aussi, notre association s’est émue du décès d’un cycliste le 4 décembre 2019, renversé par un chauffeur de poids lourd sur un carrefour très fréquenté par les cyclistes et pourtant non aménagé. Un premier vélo-blanc (ou « ghost bike ») avait alors été déposé par un collectif de cyclistes en mémoire du cycliste et afin de partager leur émotion. Le vélo avait été retiré par les services de la Ville sur lequel se trouve le carrefour, ainsi que les 3 autres vélo-blanc que nous avons déposés par la suite avec le soutien de la famille. De plus, aucun aménagement convaincant n’a été mis en œuvre pour éviter un nouveau drame.
Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que la Ville avait été labellisée « Ville Prudente » ! Nous avons alors pris contact avec la délégation régionale de Prévention Routière ainsi que la personne chargée du label au siège de l’association pour signaler la situation. Il nous a été refusé la possibilité de verser quoi que ce soit au dossier de labellisation, ni de consulter les éléments fournis par la commune, et nous avons constaté que, malgré tout cela, la Ville correspondante avait été à nouveau labellisée en novembre 2021, avec un cœur supplémentaire de surcroît.
Inspirés par une enquête du journal Le Progrès publiée le 1er novembre 2021 à propos d’une autre commune de la métropole, nous avons entrepris de comparer le nombre de blessés graves (AIS >=2) et de décès parmi les piétons et les cyclistes des communes labellisées. Cet article relayait en effet la labellisation 2 cœurs en 2020 de la commune malgré une forte augmentation du nombre d’accidents et de blessés en 2019 et 2020 par rapport aux 3 années précédentes.
Nombre annuel de piétons et cyclistes morts et blessés graves (AIS ≥ 2) pour 100 000 habitants
Contrôle de la significativité via un test de student : La différence est significative avec l’ensemble des communes lorsque p<0,05.
p valeur
2015
2016
2017
2018
2019
2020
Villes labellisées de 2018 à 2020
0.36
0.0048
0.048
0.16
0.028
0.33
Villes labellisées de 2018 à 2021
0.15
0.0018
0.036
0.077
0.06
0.21
Forts de ce constat, et inquiets pour la sécurité des cyclistes et des piétons sur ses communes et sur toutes les communes qui pourraient s’en inspirer, nous vous appelons à demander à Prévention Routière la révision de la labellisation de l’ensemble des communes au regard de leurs résultats en terme d’accidentologie, ainsi que la mise en place d’un processus d’attribution transparent qui comprenne la publication des critères d’évaluation, du questionnaire, des réponses des communes au questionnaire et de leurs évaluations. Nous vous appelons enfin à établir une procédure transparente de retrait du label, et de permettre à des tiers de participer à l’évaluation et à initier la procédure de retrait. Toutes ces conditions nous semblent nécessaires pour rétablir la confiance dans le label « Ville Prudente », et mettre en avant les communes dont les élus mènent effectivement une politique réussie en faveur de la sécurité des usagers.
En espérant que notre courrier retiendra toute votre attention, nous restons à votre disposition pour plus d’informations et nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur les Administrateurs et Administratrices, l’expression de nos salutations distinguées.
Frédérique Bienvenüe, co-présidente de La Ville à Vélo